La Cathédrale Saint-Samson

Êtes-vous prêt à découvrir le plus imposant des incontournables de notre destination ?

©SBourcier - Cathédrale Saint-Samson - Dol-de-Bretagne

La Cathédrale Saint-Samson

Souhaitez-vous percer les mystères de cette grande dame ?

Majestueuse, telle une reine assise sur son trône qui surplombe tout le marais de Dol.
Imposante, telle une sentinelle médiévale, avec sa puissance granitique aux aspects de forteresse.
Mystérieuse, avec ses singularités et ses légendes.

En arrivant à Dol-de-Bretagne, on ne peut manquer du regard cette grande dame ! C’est l’un des incontournables de Dol-de-Bretagne et son pays, la Cathédrale Saint-Samson.

Ici, pas de Quasimodo ou de belle gitane comme à Paris, mais des légendes, de la solennité, du silence et des curiosités. Nous voilà partis pour une belle découverte !

 

Mais pourquoi une cathédrale à Dol-de-Bretagne ?

Vouée à Saint-Samson, moine qui est arrivé par le Guyoult sur une barque de granit pour évangéliser la Bretagne. Il a été le 1er évêque de Dol et a construit la cathédrale originelle.
Saint-Samson fait partie des 7 saints qui sont venus évangéliser la Bretagne et que l’on peut honorer en faisant le Tro Breizh. Pèlerinage pédestre reliant 7 lieux bretons (cathédrales bretonnes) vouées à leurs 7 saints fondateurs.
La Cathédrale Saint-Samson est en tout point remarquable. Notre curiosité nous pousse à vouloir percer ses mystères. Lorsque l’on est devant elle, nos yeux sont instinctivement dirigés vers le ciel ! Une sensation d’être minuscule face au travail et au génie humain de cette construction.
Datant du Moyen-âge, puis modifié au cours des siècles suivant, la Cathédrale que nous voyons aujourd’hui est un exemple de l’apparition et de l’évolution du style gothique monumental avec les prouesses techniques de l’époque.

©SMBMSM - Cathédrale Saint-Samson - Dol-de-Bretagne

Nous pouvons à présent commencer notre quête de mystère : installons-nous square Nominoë en face du parvis et de la porte monumentale et observons !
Une question nous vient directement à l’esprit, celle que tout le monde se pose, la singularité de cette cathédrale : pourquoi l’une des tours n’est-elle pas terminée ?
En effet, la Tour Nord est inachevée. Cette tour interroge, défaut de construction ou esprit mystérieux ? Cette particularité a fait naître quelques légendes, en voici deux exemples :
« Maintes fois, on tenta de poursuivre la construction de la tour, mais une main mystérieuse faisait tomber les pierres ajoutées le jour et les flammes dévoraient le travail accompli ! »
« Lors de la bataille entre l’Archange Saint-Michel et le Diable, l’Archange jeta une pierre qui est tombée sur la cathédrale, en a détruit une partie de la Tour Nord, est allée se planter dans un champ, et forme à présent le Menhir du Champ Dolent. »
Mais les réalités de l’époque expliquent que faute de moyens financiers, la Tour Nord n’a pas pu être terminée, tout simplement.

Face à elle, la grande tour Sud, carrée et massive, est conçue pour recevoir les cloches. Par son élancement vers le ciel, elle était aussi, pour l’évêché, le symbole d’une institution, de son pouvoir et de sa puissance.

A l’arrière, la tour carrée, la croisée du transept et de la nef porte une tour carrée sans contrefort et dépourvue de fenêtre. Peu élevée, elle se termine par un toit pyramidal surbaissé couvert d’ardoises.
L’ensemble culmine à 23 mètres au-dessous du sol et de l’actuel maître-autel.

Faisons le tour de cette Cathédrale, et face à la façade Nord, nous pouvons remarquer qu’elle a des allures de forteresse. Une Cathédrale qui se défend, mais pourquoi ?
En effet, les créneaux, son aspect austère et les vestiges de remparts au pied de cette Cathédrale, nous indiquent que le monument clôturait la ville fortifiée, au 11ème siècle. Cela explique que cette façade Nord a cet aspect de forteresse.

A présent que nous avons fait le tour de la Cathédrale, retournons devant l’entrée et rentrons pour admirer la splendeur de l’intérieur. Mais avant d’entrer, attention aux gargouilles qui sont ici, les gardiens du Bien. Elles ont pour mission de repousser tout esprit malin ou être démoniaque. La légende raconte que les gargouilles hurlaient à l’approche du Mal, qu’il soit visible ou invisible… Et le vent se mettait à siffler dans les arches de l’édifice.

Que dîtes-vous de découvrir ce qui se cache à l’intérieur de cette imposante carapace de granit ?

En pénétrant dans la Cathédrale, on découvre toute sa splendeur, la nef de 39,3 mètres de long et de 17,1 mètres de large s’offre à nous. On peut être ébloui par son élégance, sa lumière, ses belles proportions et son élancement.

En face de nous, la grande verrière orientale, la plus ancienne de Bretagne, date du 13ème siècle et d’origine. On y découvre le jugement dernier, le Christ, les anges, le paradis, l’enfer, l’Ancien et le Nouveau Testament, les premiers évêques de Dol, l’arrivée de Saint-Samson à Dol-de-Bretagne… Lorsque le soleil repeint les couleurs des vitraux dans la cathédrale, la magie opère, c’est une alliance douce et éternelle entre l’ombre et la lumière.

Au-dessus de nous, le grand orgue datant du 16ème siècle fut totalement rénové en 2015, il compte une forêt de 2632 tuyaux. Des concerts d’orgues sont d’ailleurs organisés en été.

Sur notre gauche, dans l’avant nef, au pied de la Tour Nord, on peut voir les vestiges de la première cathédrale romane.

Prenons, en silence, l’une des allées qui mène au chœur. Vivez la sacralité du lieu en observant cette sérénité.

En haut de l’une des colonnes, nous pouvons apercevoir un personnage barbu et assis qui, depuis le 15ème siècle, est le gardien des lieux. A noter qu’il n’y a pas d’autres personnages de ce type sur les autres colonnes. Ce gardien veille toujours et même s’il semble un peu rongé par le temps, les siècles n’ont pas atteint ce qu’il a de plus précieux : sa beauté et son mystère…

Sur notre chemin paisible vers les chapelles du chœur, faisons une halte pour observer une curiosité unique en France et en Europe, un puits double. En effet, le puits intérieur de la cathédrale est relié au puits extérieur par une galerie souterraine. Profond de 12 mètres, ils vont jusqu’aux fondations de la Cathédrale. Le puits intérieur est plus ancien, et date à l’époque gallo-romaine. Selon les écrits, Saint-Samson serait arrivé près d’un puits pour y fonder un monastère, le puits intérieur daterait de cette époque.

Continuons jusqu’au chœur. Le chœur comporte un triforium ajouré qui lui confère une élégance particulière, garni de 77 stalles sculptées datant du 14ème siècle. Leurs consoles représentent des têtes de personnages et d’animaux, qui, si elles pouvaient parler, nous raconteraient le souvenir des évêques et des chanoines, les parfums de cire et d’encens, les chants, les musiques, les drames et les cérémonies.

Près de l’autel, se trouve le siège épiscopal aussi nommé Cathèdre (d’où le nom Cathédrale). C’est ici que siégeait l’évêque.
Le maître autel date de 1963, en terre cuite réfractaire sans moulage, le sculpteur Claude Gruet a travaillé en taille directe sur la matière. On peut y voir représenter Saint-Samson voguant vers Dol-de-Bretagne et Saint-Magloire parlementant avec les anglais.

Nous voulons laissons sereinement découvrir par le déambulatoire, les dix chapelles qui entoure le chœur dont deux chapelles doubles, et une chapelle absidale décorée de fresques peintes représentant une voûte céleste.

Lors de votre retour vers la sortie, vous pourrez découvrir le tombeau de Thomas James, évêque au 15ème siècle. Bien conservé, il est l’un des plus anciens tombeaux Renaissance de Bretagne.
A noter que si vous prévoyez votre visite de la cathédrale au solstice d’été, le 21 juin, vous pourrez observer un phénomène solaire impressionnant : une étrange lumière frappe ce tombeau à la sixième heure après la levée du soleil (à midi à notre montre), illuminant la fiole d’immortalité et la colombe de l’Esprit-Saint.

Notre exploration de la Cathédrale de Dol-de-Bretagne s’achevant, nous pouvons prendre le temps de nous asseoir et continuer notre contemplation, tout en respectant la sacralité du lieu. « Le silence est d’or ».