Les Malouinières

Demeures d'Armateurs et de Corsaires

Un héritage architectural unique en France
 

Entre le 15e et le 17e siècle, sous les guerres du « Roi Soleil », les épopées maritimes de Saint-Malo prennent leur envol. Les conflits entre nations et les richesses de Terre-Neuve enrichissent les corsaires malouins.

Saint Malo est alors un des tout premiers ports de France par le nombre de ses navires et la richesse de ses armateurs qui fondent la « Compagnie Malouine des Indes ».

Après avoir fait fortune dans la guerre de course et les mers du Sud, les armateurs souhaitent affirmer leur réussite et avoir la possibilité de se reposer à la campagne autour de Saint-Malo. Ils cherchent à échapper de l’univers congestionné de la ville tout en restant assez proches pour pouvoir s’occuper de leurs navires et de leurs cargaisons.

C’est dans l’arrière-pays malouin, au Clos-Poulet, que sortent de terre de grandes résidences secondaires appelées Malouinières. La plupart d’entre elles sont construites entre 1680 et 1730, dans un rayon de 12 kilomètres autour de Saint-Malo.
 

A quoi ressemble une malouinière ?

Les malouinières constituent un nouveau type de demeure noble non seulement par l'ordonnance architecturale du logis, mais aussi par l'organisation générale très ordonnée des éléments traditionnels de la résidence aristocratique : parc enclos de grands murs, colombier, chapelle, communs...

F. Hammon

Ce style architectural est sans nul doute très représentatif de la marque des ingénieurs du Roi, parmi lesquels Garangeau (disciple de Vauban). On utilise le granit de Chausey (Ile au large de Granville) de façon systématique. Les toits sont hauts et les cheminées servent de maintien pour les pignons. Les ouvertures sont symétriques et alignées, donnant à l’édifice une allure austère, néanmoins contrebalancées par sa décoration intérieure.

Entouré d’un grand jardin à la française, le domaine s’agrandit généralement d’années en années en achetant quelques hectares de terre.

A l’intérieur des malouinières, on retrouve un mobilier en matériaux nobles, tapisseries et toiles peintes accompagnés de souvenirs venant du commerce des Indes ou d’Amérique.
 

Visiter une malouinière :

Sur les quelques 300 malouinières ayant existées, nombre ont aujourd’hui disparues. A la fin du XVIIIe siècle, la guerre de 7 ans prive la Compagnie de ses territoires d'exploitation et provoque sa ruine financière. Louis XV décide de suspendre le monopole de la Compagnie en 1769. En 1793, la Révolution française stoppe une dernière tentative de créer une nouvelle Compagnie des Indes fondée en 1785, soupçonnée d'activités contre-révolutionnaires.

Beaucoup de propriétés sont laissées à l’abandon, par manque de moyens. D’autres sont détruites pour laisser place à l’expansion de la ville.

Pour autant, on en dénombre encore une centaine dans le Pays de Saint-Malo, dont une dizaine de grandes malouinières.