©

Balade En Rance St Suliac Yann Langevin 13693

Sur les traces 

des Terre-neuvas

 de Saint-Malo

Sur les traces

des Terre-neuvas

Bretagne, 19ème siècle : la pêche à la morue connaît un engouement sans précédent. Tout le monde s’arrache ce modeste poisson des eaux froides à la chair ferme. Une morue-mania qui débute au nord-ouest de la France dès le 16ème siècle. Pendant près de trois siècles d’histoire, les pêcheurs français partiront chaque année sur les bancs de l’île de Terre-Neuve au large du Canada. Les marins en partance du port de Saint-Malo seront ainsi surnommés les Terre-neuvas. Le dernier Terre-neuvas de Bretagne rendra finalement les pagaies en 1951.
Découvrez leur histoire !

La ruée vers la morue 

On n’aurait pas forcément misé sur elle. Et pourtant, la pêche à la morue est au cœur d’un business florissant à l’époque. On distingue à ce moment deux types de pêche principaux : la pêche à la morue verte, dite pêche errante, et la pêche à la morue sèche qui se pratique à l’abri des vents et des courants. Si cet or blanc en vaut la chandelle, les conditions de travail des Terre-Neuvas de Saint-Malo sont réputées pour être extrêmes. Froid, humidité, éloignement des familles… Mais le moral comme le cap doivent tenir.

Pêche à la morue verte : mode d’emploi

Plus souple, plus fraîche, mais aussi plus fragile, la morue verte était réservée aux mains expertes. Mais avant de l’attraper par la queue et de la montrer à ses messieurs, un certain nombre d’étapes s’avéraient nécessaires. Regardez plutôt…

  • Étape 1 : Sortir son agenda et bloquer ses 6 à 7 prochains mois. La durée d’une saison de pêche classique à l’époque !
  • Étape 2 : Recruter des marins motivés au port de Saint-Malo ou de Fécamp pour monter une fine équipe, prête à braver les éléments.
  • Étape 3 : Quitter sa femme, ses enfants et la Bretagne (dans cet ordre) à bord de navires français. Ces derniers étaient eux-mêmes chargés de doris, des bateaux à fond plat manœuvrables et facilement empilables sur le pont.
  • Étape 4 :  Une fois les navires arrivés sur les bancs, les doris étaient mis à la mer avec deux hommes d’équipage. Ces derniers pêchaient ainsi toute la journée à la ligne dérivante. Une fois rapportée au bateau, la morue était ouverte, lavée, salée et empilée. Le poisson était alors appelé « morue verte ».

Pêche à la morue sèche : les grands moyens

Aux grandes morues, les grands remèdes !

Si une trentaine d’hommes suffisaient pour la morue verte, la morue sèche en nécessitait parfois plus d’une centaine. Une fois les marins de Saint-Malo embarqués sur les navires, le cap était mis sur les havres de Terre-Neuves. Un campement au cordeau et de nombreux baraquements plus tard, le poisson était fin prêt à être stocké. Chaque soir, la morue était rapportée à terre et séchée sur la grève, en attendant le retour en France et l’exportation vers la Méditerranée. Rudimentaire, mais rudement efficace ! Une vie de sel, de froid et de fatigue… Le Koh-Lanta de l’époque, en somme.

Doris, le bateau adoré 

Un trou de mémoire ? Le doris, c’est cette fameuse embarcation à fond plat, utilisée autrefois pour la pêche à la morue. Origine : made in États-Unis. Longueur : 5 à 6 mètres. Objectif : transporter les pêcheurs pour poser les lignes en mer. Vous savez (presque) tout.

Bonne nouvelle, même après deux siècles, les doris ont toujours la pêche ! Adieu la morue et bonjour les courses endiablées en pleine mer, toujours aussi populaires lors des grands événements, en été notamment. Le reste de l’année, les doris redeviennent de pratiques bateaux à tout faire dans la région de Saint-Malo. Une retraite bien méritée pour ces vétérans de l’océan.

Embarquez dans l’histoire des Terre-neuvas

Envie de vous plonger dans le quotidien mouvementé des terre-neuviers d’antan ?

Hissez les voiles et mettez le cap sur le précieux Musée des Terres-neuvas de Saint-Malo ! Vous y retrouverez des reconstitutions de scènes de vie à bord des terre-neuviers français du 19ème siècle : la timonerie « pêche arrière », la cabine radio, le poste d’équipage et même la « bannette » (le couchage dans les navires) d’un marin… Curieux, touchant et toujours passionnant.

Mais surtout, vous serez accueilli par d’anciens marins Terre-neuvas qui sauront partager leurs souvenirs d’équipage et leurs anecdotes d’un autre temps. Plus qu’un musée, une expérience unique et éclairante, à la découverte d’un pan trop souvent méconnu de l’histoire locale.

Je visite le musée des Terre-neuvas à Saint-Malo.

Découvrez les richesses de nos 8 trésors préservés !

Carte aux trésors

©

Vue Sur Saint Malo Intra Muros Depuis Le Mole Des Noires Saint Malo Loic Lagarde 663 1200px

|

©Loïc Lagarde

Visiter Saint-Malo :  Saint Malo Le Bijou Corsaire
Hissez haut… et découvrez les secrets de la ville de Saint-Malo. Nichée dans le nord de la Bretagne, la Cité corsaire a su conserver les trésors de ses conquêtes d’antan. Entre Jacques Cartier et Robert Surcouf, port et remparts en ont vu défiler du beau monde. Sans oublier la vieille ville qui a vu grandir Chateaubriand, célébrissime précurseur du Romantisme en France. Autant de bonnes raisons de visiter cette pépite historique au large de la baie du Mont-Saint-Michel. Ohé matelots...
Découvrir