Circuit numérique des malouinières et des monuments de Saint-Coulomb

Sentiers découvertes à vélo à Saint-Coulomb

24.0 km
Cyclotouriste
2h 30min
Facile
©Mairie St Coulomb - Randonneurs - Saint-Coulomb
  • Avec l’aide des flashcodes, en vélo ou voiture, vous sillonnerez la commune au travers du "circuit numérique des malouinières et monuments de Saint Coulomb".
    Vous allez découvrir des bâtisses petites ou grandes du XVII et XVIII siècle, les malouinières, sans oublier chapelle et autres monuments d'origine moyenâgeux.
    Vous allez découvrir le temps d'une journée, le patrimoine de notre commune.
    Histoire et photos sur vos écrans illustreront la vie passée en ces demeures du moyen-age à nos jours.
  • Documentation
    Les fichiers GPX / KML vous permettent d'exporter le tracé de votre randonnée sur votre GPS (ou autre outil de navigation)
Points d'intérêt
1 MALOUINIÈRE DE LA VILLE BAGUE
Dans un cadre magnifique à quelques encablures de Saint-Malo, vous découvrez cette demeure du temps des riches armateurs malouins. Elle a été bâtie en 1715 à l’emplacement d’un manoir plus modeste. Construite en pierres de pays enduite de crépi, la Ville-Bague présente toutes les caractéristiques d’une malouinière : le logis central, encadré de deux ailes latérales en léger retrait, présente sept travées ; les chaînes d’angle, les encadrements de fenêtres et de portes sont en granit ; la toiture remarquable est ornée de faîtières et surmontée de cheminées monumentales. Elle est située dans un parc dont le mur d’enceinte fait trois kilomètres. La demeure possède en son sein une chapelle (Sainte-Sophie) construite en 1660, semi-enclose car possédant deux entrées : une côté demeure et une côté rue ouverte aux habitants, avec un plafond en forme de coque de navire inversée, un dallage en marbre de Carrare du XVIIIème siècle et un magnifique retable.

Il y a également un pigeonnier, signe extérieur de la richesse. Rare à son époque, car carré, construit lui aussi en 1660 et surélevé en 1715. Un perron permet d’accéder à la porte principale de la bâtisse qui a conservé son décor d’origine, notamment le salon ou vous pouvez découvrir une tapisserie de 1820 représentant l’arrivée de Pizarre chez les Incas (pièce restaurée par les Beaux-Arts à Paris).

Ce domaine appartenait initialement aux Magon de La Chipaudière jusqu’en 1676. Il fut acheté par Julien Eon et revendue à Guillaume Eon son neveu en 1715. Cette famille de riches négociants malouins conserve la propriété jusqu’à la Révolution. Le Marquis Jonathas de Penfentenyo dont le nom breton fut traduit par Cheffontaines, devint propriétaire de La Ville-Bague en 1726 par son mariage avec Julie Marie Eon du Vieux Chastel. Avec la Révolution, la maison est abandonnée par ses propriétaires émigrés. Ils conservent malgré tout la propriété de cette demeure jusqu’en 1820. A cette date elle passa aux familles de Trevelec, du Bourg et Esnoul Le Senechal (maire de Saint-Coulomb de 1935 à 1945). Il l’occupa de 1892 à 1946. Elle fût également propriété des familles Avenard et Barbezat et c’est en 1975 qu’elle devint la propriété de la famille Chauveau.
Vous êtes à moins de 5 mn de trois malouinières : la Ville-es-Treux, la Fosse-Hingant, la Motte-aux-Chauff ainsi que le Vieux Chatel et le Plessis-Bertrand.
2 MALOUINIÈRE DE LA VILLE ES TREUX
Située près de la Vignette, la Ville-es-Treux est, dans les années 1550, une modeste maison de campagne qui appartient à un corsaire malouin, Jacques Treux.
En 1638, elle est habitée par Malo de La Haye, époux de Jeanne Truchot. Leur fils, Luc de La Haye (1652-1695), mari de Guillemette Gris, est écuyer.
En 1695, au cours d’un combat naval aux Sorlingues (Iles Scilly) contre les Anglais, il est blessé grièvement et décède à son retour à Saint-Malo. Sans enfants, sa veuve devient alors « armatrice ».
Pierre Perrée du Coudray (1656-1742) qui combattit avec Luc de La Haye, son cousin et ami, fit l’acquisition du manoir de La Villestreux et de la terre qui s’étendait jusqu’aux rivages, avec droit d’épaves.
Le Roi, pour reconnaître ses services lui accorda la charge de Conseiller et Secrétaire du Roi avec le droit de porter le nom de La Villestreux qui fut relevé par son fils aîné, Nicolas.
La famille Perrée du Coudray de La Villestreux, l'une des plus riches de Saint Malo, était alliée aux Porée, aux Duguay-Trouin et aux Besle-Ile. De 1701 à 1706, Pierre Perrée du Coudray sut faire accueillir le pavillon royal dans les ports du Chili et du Pérou.
Après ses années de navigation, Pierre Perrée du Coudray s’occupe uniquement de l’armement des navires auxquels il était intéressé. Il se rend fréquemment à sa terre de La Villestreux où il voisine avec Jean de Launay, établi aux Courtils-Launay et avec le sieur Doublet, propriétaire du château de Nermont. Son fils, Nicolas Perrée du Coudray de La Villestreux, a accompagné son père sur le bateau qui passa le détroit de Magellan (1703). Il fut ensuite directeur général de la Compagnie des Indes, après avoir été capitaine de vaisseau au service du roi d'Espagne, puis il se fixa à Nantes.
Le domaine passe ensuite à Joseph Mallet, puis, par mariage, à la famille Le Bonhomme qui le possède encore en 1758. La propriété devient ensuite exploitation agricole et passe successivement aux familles du Lavouër, Basle et Corneille. Depuis 1994, elle appartient à la famille Bonnaure.
Le manoir que Luc de la Villestreux avait commencé à restaurer présente d’intéressants détails d’architecture comme il en existe peu dans les environs. La façade possède des ouvertures asymétriques percées pour la gestion du domaine agricole. La disposition des pièces intérieures correspond au même besoin. Par contre, l'emplacement des poutres laisse à penser qu’un escalier, au centre de la construction, côté sud, aboutissait dans la pièce principale au premier étage, toujours pourvue de deux belles cheminées.
Les ouvertures ont des encadrements de granit, avec des appuis moulurés ; un linteau porte la date de 1696. La corniche est mordillonnée. D’imposantes cheminées couronnées et flanquées de colonnes renversées encadrent trois lucarnes au fronton arrondi et à pilastre cannelé.
La Ville-es-Treux est caractéristique de certaines constructions du XVIIe siècle, qui préfigurent les malouinières.
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : la Ville-Bague, les Barreaux, le Lupin, La Fosse-Hingant.
3 MALOUINIÈRE DE LA FOSSE HINGANT
Sur la rive Est de l’étang de Sainte Suzanne (qui date de 1929), se trouve la Fosse Hingant. A l’origine, un très ancien manoir datait sans doute d’avant le XIVe siècle et comprenant entre autres un Colombier de six cents boulins.
Visible de la route, avec ces quatre colonnes et son fronton, une villa d'inspiration palladienne bâtie en 1885. C’est le propriétaire de l’époque qui la fit réaliser en hommage à son épouse d’origine italienne : Alice Christiani.
En 1418, le premier propriétaire connu fut Jehan Vimain qui « servait un aveu » indiquant ses redevances au seigneur du Plessis Bertrand dont sa métairie contribuait à nourrir la garnison du Fort du Plessis Bertrand.
En 1478, elle fut transmise à la famille Flambart qui conserve le domaine jusqu’en 1656.
En 1656, elle devient la propriété d’Olivier Trublet des Champs. Son second fils, Joseph Trublet de Nermont, un intrépide capitaine de navire, fut un des premiers à se rendre en 1703 dans les mers du sud et principalement sur les côtes du Chili et du Pérou. Il y fit sa fortune et contribua à la création de la « Compagnie des Mers du Sud » et à l’enrichissement fabuleux des Malouins.
En 1710, le vieux manoir se transforme alors en « Malouinière » avec la réalisation d’une chapelle sous le vocable de Saint Roch.
En 1793, sous la révolution, se déroulera l’époque la plus dramatique de cette demeure. Marc Desilles Michel de Cambernon, qui avait hérité du domaine par son épouse (petite-fille d’Olivier Trublet), qui devient le trésorier de l’association de la « Conjuration Bretonne », fondée par Armand Truffin, Marquis de la Rouërie. Parmi les amis et membres de l’association, le docteur Chevetel, très proche de Danton, les trahira. La plus jeune fille de la maison, Angelique Desclos de la Fonchais, jeune mère de deux enfants y fut arrêtée avec les conjurés et conduit à Paris pour y être guillotinés. Son père Marc Desilles arriva à s’enfuir en passant par la « Ville Bague » pour rejoindre Jersey où il mourra un an plus tard.
Transformée en caserne républicaine, puis abandonnée, la maison n’est rendue à la famille Desilles Michel de Cambernon qu’en 1799, mais les deux sœurs rescapées des purges de la Révolution n’y reviendront jamais.
En 1820, la maison est alors rachetée par Emmanuel le Joliff qui la restaure. Puis, ce sera la Marquise Aubert de Trégomain qui possédera le domaine par hypothèque de 1913 à 1918.
En 1918, les Petit Macé de la Villéon achètent cette Malouinière et la transmettent à leur fille, Madame Ivan de Dieuleveult qui y demeure jusqu’en 1991. Depuis, sa fille ainée, épouse de Bernard de Prat occupe la Fosse Hingant
Pendant la seconde guerre mondiale, la Fosse Hingant servit de camp retranché à l’armée allemande qui était composée principalement de soldats russes ralliés. Cette période d’occupation contribua fortement à la dégradation du domaine.
4 MALOUINIÈRE DE LA METTRIE AUX LOUETS
Appelée selon l’époque « la Mettrie-aux-Houëts » ou la « Mettrie-aux-Louëts » la question du nom se pose. Cette seconde version indiquée sur le fronton de la grille d’entrée de la cour d’honneur, nous impose de prendre cette orthographe en référence. Deux rabines permettent d’accéder aux douves et à la grille de cette malouinière. La première, classique, est située au nord et la seconde plus grande à l’ouest. Cette particularité est d’autant plus intéressante que généralement cachées peu de malouinières ont une rabine. Sur la commune seule Le Lupin, La Motte-aux-Chauff, la Ville-ès-offrans et la Grande Gâtinais en possèdent. Cette grande malouinière fut construite sur un ancien logis. Dans la cour d’honneur, à gauche on aperçoit la chapelle Sainte Cécile qui date de 1725 comme le logis. En complément de cette chapelle, il y a de très belles écuries et à gauche une maison de gardien.
Théophile Briand, poète breton du XIXème siècle, ami de l’écrivain Colette, écrit au sujet de la Mettrie-aux-Louëts : "Cette propriété, une des plus pures gentilhommières de la région, est un édifice de style régence. Derrière le château, ceinturé de douves et d’un parapet de granit, le parc est disposé comme un petit Versailles : terrasse, tapis verts et miroirs d’eau".
Il s’agit effectivement d’une malouinière à 5 travées, flanquée de deux petites ailes qui forment un ensemble somptueux. La façade arrière donne toujours sur un parc tel que décrit par Théophile Briand. L'intérieur a conservé son escalier à balustres de bois, des lambris d'un dessin très strict, des parquets à larges lames et quelques alcôves.
Béatifiée le 3 octobre 1982, la vénérable Jeanne Jugan, fondatrice de la communauté religieuse des petites sœurs des pauvres, travailla à la Mettrie-aux-Louëts de 1810 à 1816 comme « aide cuisinière » chez Madame de La Choué. Elle eut l’occasion de voir bien des pauvres venir mendier. N’est-ce pas la vue de cette misère qui l’incita à se consacrer totalement aux pauvres ?
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : la Fosse-Hingant, La Ville-Aze, les Courtils-Launay, Les Barreaux.
5 MALOUINIÈRE DE LA VILLE-AZE
La Ville Aze, ou Villazé ou Villeasse, est une petite malouinière dont l’architecture est bien représentative des édifices simples à trois travées.
La date de construction est connue par la mention « 1729 » portée sur le fronton de la lucarne centrale façade sud.
Les dispositions générales, avec le logis flanqué de deux petites ailes très basses sont très typiques des Malouinières et donnent un équilibre tout à fait particulier. L’architecture sobre, présente toutes les caractéristiques propres aux petites malouinières: des façades rythmées simplement par le jeu des travées et le bandeau peint, des lucarnes à linteau en arc segmentaire et corniche moulurée. Particularité de celle-ci, un toit en croupe dont la pente est particulièrement prononcée.
L’histoire de cette demeure est partiellement connue. Ancienne seigneurie, elle appartint aux Lepoidevin de La Villenoël qui possédaient aussi, sur la commune de Saint-Coulomb, la Grand’maison (devenue le presbytère actuel) et une autre demeure la Villenoël.
Mathurin Lepoidevin fut le premier Maire de Saint-Coulomb. Par alliance, cette demeure devint propriété de René-Charles-Marie de Fournier, Comte de Bellevue, Maire de Saint-Coulomb de 1802 à 1816. Celui-ci la vendit vers 1878. Depuis 1960 cette propriété est dans la même famille.
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : les Courtils-Launay, Les Barreaux, La Mettrie-aux-Louëts, la Fosse-Hingant.
6 MALOUINIÈRE DES COURTILS LAUNAY
Cette malouinière fut construite en 1724 par Jean de Launay. Elle bénéficie d’une architecture très équilibrée avec une orientation sud imposée par la déclivité importante du terrain sur l’arrière. Avec quatre travées, elle est ouverte sur un parc, véritable écrin de verdure. Cette demeure a été construite à côté d’un manoir plus ancien actuellement dépendance de la malouinière. Particulièrement bien conservés, les étages sont desservis par un remarquable escalier en chêne de « style Berain ». Le parc à deux niveaux est séparé par un beau muret.
Jean de Launay, né en 1676, était corsaire. Il battit la campagne sur les mers d’Amérique du sud avec Pierre Perrée du Coudray, Sieur de la Villestreux (propriétaire de la Malouinière de la Ville-es-Treux sur la même commune). En 1779 Louis Bernard de Courville habite cette demeure. Il avait épousé Françoise de Launay, petite-fille de Jean de Launay, bâtisseur de cette malouinière. En 1792 elle devient « Bien National » pour revenir par alliance dans la famille Launay après la révolution. Elle est vendue en 1813 au Sieur Lecerf professeur d’Hydrographie. A sa mort, son épouse Euralie Ozelle épouse le Docteur Chapel. Celui-ci joua un rôle important en qualité d’initiateur des bains de mer de Saint-Malo. Entre 1939 et 1945 la malouinière fut occupée par les troupes allemandes et russes puis réquisitionnée pour l’hébergement des réfugiés. Depuis 1836, cette demeure est la propriété de la famille Herbert de La Portbarré.
Vous êtes à moins de 5 mn de cinq malouinières : Bel-Etre, Les Barreaux, La Ville-Aze, La Mettrie-aux-Louets et La Fosse-Hingant.
7 MALOUINIÈRE DES BARREAUX
Proche du moulin de mer et du Vieux Châtel en direction des Courtils-Launay, cette malouinière très sobre a été construite autour des années 1730. L’accès au jardin se fait par les pièces de réception situées au 1er étage. Dans les dépendances il existe encore un lit clos en bois, celui du charretier qui profitait de la chaleur des animaux.
Le puits possède la particularité d’avoir deux points d’entrée. Le premier dans la cour, au niveau inférieur, et le second côté jardin au niveau du premier étage de la maison.
Devenue une ferme, cette malouinière est actuellement une résidence privée.
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : Les Courtils-Launay, La Ville-Aze, Le Lupin, La Ville-es-Treux.
8 MALOUINIÈRE DU BEL ETRE
Sans être datée et sans connaitre précisément les bâtisseurs, Bel Être est certainement une des plus anciennes malouinières. Située sur un terrain vallonné, elle a la particularité d’avoir sur la face nord un rez-de-chaussée en contrebas ainsi qu’un petit perron permettant d’accéder au premier étage. On devine sur la façade sud une ancienne ouverture de porte-fenêtre cintrée, témoignage d’un temps plus ancien. Particularité, les deux lucarnes en bord de cheminée côté ouest donnent un aspect singulier à son pignon.
Autrefois, il y avait une chapelle ou une tour de guet permettant de surveiller l’arrivée des navires en baie de Saint-Malo. Il se dit qu’elle possédait dans la cave un souterrain communiquant avec la grève ce qui aurait permis de frauder la douane, entre autre, sous la Révolution et sous l’Empire.
Cette malouinière appartenait en 1513 aux Taillefer, aux Jonchée vers 1600 puis à la famille Villeboays en 1696. Achetée par la famille Meric début du 20ème siècle, elle est restée dans la famille par alliance.
Vous êtes à moins de 5 mn de trois malouinières : le Lupin, Les Courtils-Launay, Les Barreaux ainsi que la Chapelle Saint Vincent et le Tangon.
9 LE TANGON
Cette demeure est étonnante par sa très modeste taille et son style. Malgré ses seulement 40 m2 au sol elle présente, à son échelle, les grandes caractéristiques architecturales et l’élégance que l’on trouve dans les malouinières du Clos Poulet. Les bâtisseurs de cette maison ne sont pas connus. Exposée plein sud, le jardin est particulièrement agréable. La porte d’entrée cintrée donne un cachet attachant et particulier à la façade nord.
Vous êtes à moins de 5 mn de trois malouinières : Bel-Etre, La Ville-es-Offrans, La Grande Gâtinais ainsi que la chapelle Saint Vincent.
10 CHAPELLE SAINT VINCENT
Sur la route de Saint-Ideuc à Saint-Coulomb vous passerez à Saint-Vincent. Sa chapelle du XVIème siècle est d’une architecture à la fois simple et modeste en forme de quadrilatère de 13 mètres sur 5. La façade ouest est surmontée d’un clocheton à arcades daté de 1644. Le chœur, tourné vers l’est, est éclairé par un vitrail moderne représentant Saint Vincent Ferrier.
Lors de sa construction, elle dépendait de la paroisse de Paramé et a été rattachée à celle de Saint-Coulomb au XIXème siècle. Vendue comme bien national en 1795, cette chapelle a été préservée de la destruction révolutionnaire.
La plupart des chapelles du pays de Saint-Coulomb sont encloses, c’est à dire intégrées à une propriété comme la chapelle Sainte-Sophie de la Ville Bague.
La chapelle Saint Vincent est la seule chapelle frairienne de la commune. Une frairie était une assemblée villageoise regroupée autour d’un saint patron. Elle est dédiée à Saint Vincent Ferrier, religieux espagnol né en 1350, appelé dans la région par le Duc de Bretagne vers 1417 pour y porter la bonne parole. Surnommé le galérien de Dieu, il fut canonisé en 1455. S‘arrêta-t-il chez nous ? On peut l’imaginer puisque c’est la seule chapelle de notre diocèse à porter son nom.
L’intérieur de la chapelle restauré en 1963 possède encore mobilier et statuaire. A gauche du chœur, Saint Isidore est représenté avec une gerbe de blé. A droite Saint Roch avec un chien, car il ne consommait en pain que ce lui rapportait son chien.
Le vitrail à droite du cœur a été offert par la famille Ferron lorsqu’ils étaient propriétaires de la Malouinière de la Ville es Offrant.
Dans le jardin au sud de la chapelle on trouve une ancienne croix de granit. Selon certains archéologues, cette croix remonterait à l’époque carolingienne et serait une croix d’enclos. Elle a la particularité d’être proche de la chapelle et sculptée des deux côtés. Autrefois sur le talus face à la chapelle, elle a été déplacée en juillet 1992 pour être installée sur le placître de la chapelle.
Sur la face antérieure de cette croix qui regarde la chapelle, on voit le titre INRI, un christ très érodé dont les pieds ont disparu.
Sa face postérieure d’après le chanoine Mathurin, était décorée au milieu du croisillon, d’une petite niche contenant jadis une statue de la vierge. Une fleur de lys dans un petit carré surmontait cette niche. Au-dessous de celle-ci, on voyait un croissant de lune également dans un carré. Une inscription courait d’un bras à l’autre de cette face ; des érudits ont donné différentes interprétations de cette inscription.
La tête de mort au pied du christ rappelle la résurrection, le Christ vainqueur de la mort.
Le premier chapelain fut Nicolas Pépin (1633 /1699). Le plus connu, l’Abbé Jean Taillefer (1847 /1931) originaire de la Ville es Nonais, y fut chapelain pendant 40 ans.
Vous êtes dans le même hameau que le Tangon et à moins de 5 mn de quatre malouinières : la Ville es Offrans, La Grande Gâtinais, Bel-Etre et Le Lupin.
11 MALOUINIÈRE DE LA GRANDE GATINAIS
Le terme de Gâtine signifie terre inculte. Non loin de Saint-Vincent, au lieu-dit La Gâtinais ont été édifiées quatre gentilhommières, la Haute et la Basse Gâtinais (XVIème siècle), la Petite et la Grande Gâtinais (XVIIème et XVIIIème siècle).
Une jolie allée de 200 mètres, bordée de tilleuls, laisse deviner une malouinière datant du XVIIéme siècle : la Grande Gâtinais. Cette allée qui se nomme localement « rabine » est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH).
Vers 1700, cette propriété appartenait à Henri Amelot.
La Grande Gâtinais est une malouinière qui se situe à droite d’un manoir bâti deux siècles auparavant. Il possède dans sa partie supérieure les trous caractéristiques des pigeonniers.
La malouinière possède une avancée en encorbellement autour de la porte centrale sommée d’un fronton surbaissé, de hautes cheminées et des lucarnes. A l’entrée du parc, on voit encore la structure de l’ancienne orangerie. Près d’un ruisseau alimentant un plan d’eau, se trouverait l’entrée d’un souterrain creusé pendant la Révolution. Il aboutirait à la Ville-és-Offrans.
Fouché aurait résidé à la Grande Gâtinais épisodiquement. Mais sa police surveille attentivement les environs de la malouinière après l’attentat de la rue Saint Nicaise contre Napoléon. En 1808 la région était toujours un centre actif en lien avec l’émigration. Le groupe de La Correspondance des Princes a été arrêté dans le voisinage.
Cette malouinière fut habitée avant la seconde guerre mondiale par une famille anglaise. Depuis la fin de la guerre, elle appartient successivement aux familles Jissis, Falezan et Lesage. En 1969, elle change de propriétaire. Elle appartient depuis cette date à la même famille qui a entrepris d’importants travaux de restauration.
Vous êtes à moins de 5 mn de la malouinière de la Ville-ès-Offrans, de la Chapelle Saint Vincent et du Tangon.
12 MALOUINIÈRE DE LA VILLE ES OFFRANS
Cette jolie propriété est située entre le Havre du Lupin, le hameau de la Gâtinais et le Manoir de Limoëlou propriété de Jacques Cartier. L’orthographe de son nom variait au fil des actes anciens retrouvés : la Ville-Offrans, la Ville-aux-Francs (l’origine de cette appellation demeure inconnue) ou bien encore la Ville-ès-Offrans.
On accède au Manoir par une allée bordée de chênes d’Amérique du Sud qui aboutit à la cour d’honneur.
Au nord, il existe une deuxième entrée dont l’allée est bordée de tilleuls. Il a été construit en 1670 ainsi qu’en témoigne la date inscrite sur le granit de deux fenêtres cintrées de la façade nord. Le manoir et les terres relèvent du Plessis-Bertrand par le grand baillage du Lupin, les baillages de la Ville-Aze, de la Mettrie-aux-Louëts et de Bricour. Le château se compose d’un corps central, isolé autrefois, relié à deux pavillons d’aile qui ont été relevés au cours du XVIIIème siècle. Il semblerait que la Ville-ès-Offrans était au départ un village où prospéraient deux manoirs. C’est au cours du XVIIème siècle que celui qui nous occupe, prit, par suites d’acquisitions successives, une importance prépondérante tandis que l’autre serait devenu une métairie.
Les actes, contrats ou partages passés permettent de préciser l’appartenance de ce manoir à quelques familles. L’histoire rapporte que lors de l’invasion anglaise en 1758 sur les terres malouines, la Ville-ès-Offrans n’ait pas eu à subir de destruction grâce à l’arrivée d’un providentiel et terrible orage dans la nuit du 8 au 9 juin coupant ainsi toute velléité offensive à l’ennemi.
C’est ainsi qu’au cours du XVIème siècle, la Ville-ès-Offrans a appartenu aux Trehouart. Il passa aux Gallicet par le biais de Jeanne Duval épouse de Faby Gallicet sieur de la Ville aux Lièvres. C’est leur fils aîné Etienne devenu sieur de la Ville-és-Offrans qui reconstitua le domaine et fît construire le château actuel. La propriété fut transmise aux héritiers dont sa fille Hélène Gallicet, épouse de noble homme Alain Brignon, sieur du Buat, ancien capitaine de vaisseau, puis à leurs descendants et ce, jusqu’en 1758. Elle fut vendue à Nicolas Gaillard, sieur de la Cour, époux de dame Françoise Surcouf. Il racheta le château puis la métairie ainsi que des terres qui en avaient été séparées. En 1810, elle devint propriété de M. Juy de Seguinville, magistrat à Saint-Malo dont la fille cédera la propriété le 15 juin 1844 aux Martin qui la céderont à leur tour en 1861 à Mr Félix Le Tarouilly (maire de Saint-Coulomb de 1863 à 1870). A la mort de celui-ci, sa veuve et sa fille, la Vicomtesse Fernand de Ferron (elle-même veuve du Vicomte, zouave pontifical tué en 1870 à Loigny) continuèrent de l’habiter. Elles y feront d’importantes réparations (1880-1887). Les toitures des pavillons furent refaites et surélevées.
En 1890-1891, suite à l’acquisition de parcelles de terre, toute la partie au nord du château fut transformée en jardin anglais ce qui porta la surface du domaine à un peu plus 3 ha. Au décès de la Vicomtesse, le 15 octobre 1916, la propriété devint celle de son beau-frère, le Général de division Henri de Ferron et de son épouse la Vicomtesse Marie de Saint Meleuc. A partir de 1957, le domaine passe à la famille Tanneguy de Ferron. Depuis 1986, le domaine appartient à la famille Charil de Villanfray. Il est répertorié comme étant une malouinière.
Vous êtes à moins de 5 mn de deux malouinières : la Grande-Gâtinais et le Lupin ainsi que proche de la Chapelle Saint Vincent et du Tangon.
13 MALOUINIÈRE DU LUPIN
Le charme de cette demeure provient de l’ensemble de bâtiments situé au bout d’une rabine. Construite en 1692, elle fait partie des quelques rares malouinières du Clos Poulet à être proches de la mer. A l’entrée, au niveau de la grille du XVIIIème siècle, il y a à droite les dépendances, la chapelle Saint-Charles plus ancienne que la malouinière et à gauche, un colombier du XVIIème siècle. Le bâtiment central à l’architecture particulièrement riche a en façade un bandeau de granit soulignant chaque niveau. L’ensemble de six cheminées a des couronnements de granit moulurés, leur base flanquée de consoles renversées. Deux ailes confèrent de part et d’autre une puissance architecturale à l’édifice.
Avant la malouinière actuelle existait à cet emplacement une seigneurie, maison forte du XVème siècle, avec droit de justice. Elle a remplacé le siège d'un des baillages du comté du Plessis-Bertrand. Elle a appartenu à la famille Uguet au début du XVIème puis à la Famille Chatelier de La Rabine qui aurait construit la malouinière actuelle. Ensuite elle passa entre les mains des familles Robiou, Goret, Le Fer de La Gervinais, puis Meric. Cette demeure est dans la même famille depuis 1955.
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : La Ville-es-Offrans, Bel-Etre, les Barreaux, La Ville-es-Treux ainsi que la chapelle Saint Vincent et le Tangon.
14 PIGEONNIER DU VIEUX CHÂTEL
En ce lieu il y avait un ancien prieuré, aujourd'hui disparu, appartenant à l'abbaye du Tronchet. Il devait en tirer le nom d'une très antique forteresse détruite depuis bien des siècles.
Aujourd’hui il reste un très beau pigeonnier rond avec une toiture composée d’ardoises épaisses posées sur des dalles de Saint-Cast à même le mur. Le tout est surmonté d’un lanterneau avec une petite coupole en ardoises. L’intérieur est divisé en nichoirs que l’on nomme boulins. Il y en a plus de 350, chacun abritant un couple de pigeon. Le nombre de boulins était une indication sur la richesse de l’occupant.
Un autre bâtiment atteste de l’occupation ancienne de ce lieu. La fenêtre de rez-de-chaussée avec ses barreaux nous permet d’imaginer une construction du XVème siècle.
A côté du Vieux-Chastel, se trouvait un tertre dont la chapelle occupait jadis le sommet ; un moulin à vent l'avoisinait. Cette éminence, appelée tertre de Saint-Nicolas était une position stratégique, car avant la création de la digue du Lupin, la mer venait battre aux pieds de ces rochers et probablement jusqu’au village du Tintochet (quelques centaines de mètres en direction de la Malouinière des Barreaux).
Sur les cartes de Cassini, on distingue très bien la vallée où jadis montait la mer et les deux mamelons du tertre. C'est là aussi que devait se tenir un château ou plus justement un fort. Sur ses ruines s'élevaient la chapelle et le moulin du prieuré qui, au XIIIème siècle, appartenaient aux religieux du Tronchet, tout comme la Ville-Ernoul. L'abbé Pierre Mahe échangea ce moulin du Vieux-Chastel et son fief de la Ville-Ernoul, vers 1277, avec Pierre du Guesclin, contre une rente perpétuelle de 4 mines de froment (Bibliothèque Nationale : Mémoire de Bretagne).
En 1685, le prieuré du Vieux-Chastel appartenait encore à l'abbaye du Tronchet. Les religieux ne tardèrent pas à perdre jusqu'au droit de le présenter, car tous les derniers prieurs furent nommés et pourvus par l'évêque de Dol seul.
Gilles Nouel, recteur de Saint-Ideuc et prieur du Vieux-Chastel, déclara en 1790 que ce bénéfice n'avait que 113 livres 10 sols de rente, avec 24 livres 12 sols de charges ; par suite, il ne lui restait qu'un revenu net de 88 livres 18 sols. La chapelle Saint-Nicolas du Vieux-Chastel, encore entretenue en 1782, fut vendue nationalement en 1795, puis complètement rasée. Servirent-elles à la construction de belles demeures des environs ? Cela se dit.
A côté de la chapelle se trouvait une ferme dite du Vieux-Chastel où l’on voit encore quelques éléments d'un manoir du XVème siècle décrit ci-dessus. Cette maison devait abriter le prieur du domaine. Aujourd’hui propriété de la même famille depuis quatre générations, elle fût une ferme pendant de nombreuses années.
Vous êtes à moins de 5 mn de trois malouinières : La Ville-es-Treux, le Lupin, les Barreaux.
15 VILLA DE ROZ-VEN
Cette villa, située au fond du joli vallon qui descend à la plage de la Touesse, est cachée dans la verdure.
En 1881, la Comtesse de Gésincourt y fit arranger et bénir un oratoire dédié à Sainte Anne. Sa fille, la Baronne de Crest, de la Ville-es-Nonais, hérita de la villa en 1907. En 1910 lorsque la villa était en vente, la marquise de Morny demanda à l’acheter. Mais la baronne de Crest refusa parce que la marquise était habillée en homme. Alors la marquise la fit acheter par son amie, l’écrivaine Colette, et la meubla entièrement. Mais la bonne entente entre les deux amies ne dura guère plus d’un an. Et la marquise, malgré de véhémentes protestations, dut quitter Roz-Ven ! Elle enleva tout le mobilier, mais pas la villa… C’était Colette qui avait signé le contrat d’achat !!!
C’est dans cette charmante villa non loin des flots déferlant sur la grève que la romancière Colette, Chevalier de la Légion d’Honneur en 1920, Présidente de l’Académie Goncourt en 1947, passa les étés de 1910 à 1924. Ce site enchanteur lui inspira plusieurs de ses romans, entre autres Le Blé en Herbe qui a pour cadre les grèves et la campagne de Saint-Coulomb. Les premiers chapitres de ce roman parurent en feuilleton dans le journal Le Matin.
Colette a vendu le domaine qui est resté inoccupé jusqu’en 1936. Depuis cette date la propriété est dans la même famille.
Le chemin qui conduit à Roz-Ven et à la plage de la Touesse s’appelle, dit-on, le Chemin du Blé en Herbe !
Vous êtes à moins de 5 mn de deux malouinières : la Ville-Bague, La Ville-es-Treux ainsi que l’Isle du Guesclin et les vestiges du Vieux Châtel.
16 MALOUINIÈRE DE LA MOTTE AUX CHAUFF
La terre et seigneurie de la Motte-aux-Chauff est très ancienne. Hervé Le Chauff, né en 1030, chevalier seigneur de la Motte Chauff, épousa Adélaïde de Loheac. Les seigneurs de ce nom ont pris des alliances avec les maisons de Rhuys, de Chateauneuf, de Chinon et de Derval. Charles Le Chauff, grand chambellan et capitaine de la ville de Rennes, signa en 1427, le traité entre le duc de Bretagne et le comte de Belfort. Alain fut grand sénéchal et gouverneur de Lamballe.
En 1658, Catherine Le Chauff vendit la terre de la Motte au Chauff avec droit de moyenne justice qui s’exerce à Cancale, aux Grou de La Ville Jacquin. Cette terre passa ensuite aux Grou de La Motte.
La malouinière actuelle fut construite à partir de 1660, comme l’atteste l’inscription gravée sur le linteau de la porte nord. Elle a donc été bâtie par les Grou qui descendaient d’une famille des Pays-Bas et, sans doute, établie dès 1430 à Saint-Malo. Nicolas-Bernard conspira avec le marquis de La Rouërie en 1793. Il fut arrêté et décapité avec les victimes de la Fosse-Hingant. Son frère Jean-Georges épousa Marie-Thérèse Morrogh. Leur fille Athalie hérita de la Motte-Chauff et, par son mariage, le domaine passa dans la famille de Lehen dans laquelle il resta jusqu’en 1998.
Au bout d’une avenue bordée d’arbres (replantés depuis 1920), le logis est constitué de deux parties en état et d’une troisième dont il ne reste qu’un pan de mur habillé de lierre. Le logis est flanqué de deux pavillons qui donnent un ordonnancement équilibré à cette demeure.
Sur la façade, les armes de la famille Grou : « d’azur, tête de léopard en chef, trois merlettes de sable en pointe ». Les fenêtres n’ont pas le linteau segmentaire qui caractérise les constructions du XVIIIème siècle. A l’intérieur, un magnifique escalier de bois occupe le tiers de la bâtisse.
Derrière le manoir, le gros chêne : au début de la révolution, les révolutionnaires tentèrent d’abattre ce géant pendant la nuit. Ils abandonnèrent mais la cicatrice est encore visible sous forme d’un bourrelet.
Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : La Ville Bague, La Ville-es-Treux, La Fosse Hingant, La Motte Jean ainsi que du fort du Guesclin et du Plessis-Bertrand.
17 FORT DU GUESCLIN
Le fort du Guesclin n’est accessible qu’à marée basse.
Vers l’an 800, les ancêtres du connétable de France, Bertrand du Guesclin, édifièrent sur l’ilot à l’est de la plage, une forteresse, probablement sur les ruines d’une construction romaine. Le petit fils de Salomon, seigneur de Saint-Coulomb, Bertrand du Guesclin transformait au XIème siècle cette modeste demeure en un château fortifié.
En 1160 Bertrand II du Guesclin y fit creuser dans le roc, une citerne pour s’approvisionner en eau douce pendant les sièges.
Les seigneurs du Guarplic (ancienne graphie de du Guesclin) y régnèrent jusqu’en 1250.
Après la guerre de la Ligue, en 1598, la forteresse fut démontée. Toutefois pour protéger le littoral des débarquements anglais, un petit fort fut construit entre 1756 et 1758.
Bâtie sur l’ancienne enceinte du fort, la demeure actuelle fut la propriété du chanteur Léo Ferré. Un escalier taillé dans la roche permet d’accéder à la porte actuelle de la fortification. La situation exceptionnelle du fort permet d’avoir un point de vue remarquable sur les îles Chausey.
Cette île est une propriété privée et ne se visite pas. Par sécurité il est recommandé de ne pas s’approcher par l’extérieur des murs et des pentes du fort. L’île se fait encercler deux fois par jour au rythme des marées. Il est donc fortement recommandé de vérifier les horaires et coefficients de marée avant de s’aventurer sur les rochers.
Vous êtes à moins de 5 mn de trois Malouinières : la Motte aux Chauff, la Motte Jean, la Ville Bague et de la maison de Colette Roz-Ven.
18 GENTILHOMMIÈRE DE LA MOTTE JEAN
Ce château Louis XIII construit par le Marquis du Hindré le long du ruisseau la Trinité, limite de la commune de Saint-Coulomb avec Cancale, est un exemple de la recherche par les corsaires et armateurs de Saint-Malo des creux de terrains pour y construire leurs maisons de campagne à l’abri des vents de noroît. Ainsi, seuls les toits émergent des champs depuis la disparition des allées plantées aux quatre points cardinaux, les rabines.
C’est un édifice construit en H, présentant un corps de logis central, flanqué de deux pavillons en saillie. Cette construction du XVIIème siècle possède un haut et un bas jardin. Le bas jardin offre une vue avec étang et douves.
La Motte Jean est construite sous une terrasse de deux mètres à l’ouest qui correspond à l’emplacement de la forteresse de du Guesclin. Dans cette forteresse étaient cantonnées les troupes qui surveillaient la côte, de la baie du Mont Saint-Michel au Fort la Latte. Elle fut peut-être construite sur le site d’une villa romaine le long d’un chemin militaire de Saint-Malo au Mont Saint-Michel, ancienne voie romaine.
A l’intérieur subsistent un grand escalier renaissance avec une très belle rampe en bois sculpté, des boiseries, deux vastes cuisines à cheminées monumentales, une à four à pâtisserie dans l’aile nord, de grandes pièces avec des plafonds avec poutres et solives sculptées Renaissance.
La Motte Jean fut prise deux fois par les Anglais pendant la guerre de Sept ans de 1746 à 1753.
Pendant la Révolution, le manoir fut transformé en hôpital. La chapelle rectangulaire (1707), dédiée à la Sainte Trinité, a été transformée en grenier et cellier. En 1794 elle servit de fosse commune pour dissoudre dans la chaux vive trois cents victimes de la carmagnole à Cancale.
Au sud se trouve une tour carrée de 600 boulins, indiquant qu’au XVème siècle la Motte-Jean avait plus de 300 hectares de terre. L’intérieur du pigeonnier est remarquable puisqu’il est cylindrique dans un corps carré. Il s’agit sans doute d’une tour de défense transformée en pigeonnier. Au fil des siècles l’ancienne forteresse s’est adaptée à son époque.
Au cours des siècles elle fut la propriété successive des familles du Guesclin, Eon, des Marquis du Hindré, Surcouf, Grout de Beauvais et Mazurier des Garennes. En 1975 Philippe Luyt en devint propriétaire. Il la fit classer à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1980.
Vous êtes à moins de 5 mn du Plessis-Bertrand.
19 GENTILHOMMIÈRE DU BIOT BOIS
Le vieux manoir du Biot-Bois est daté de 1663, date présente sur un linteau de fenêtre. Il a succédé à une autre demeure du XIIIème siècle habitée par des moines, comme l’atteste une chapelle signalée en 1291.
Il semble que cette demeure n'ait pas été construite comme la plupart des malouinières, par un armateur mais plutôt par un membre du clergé, comme l’atteste le linteau de la porte d’entrée où est inscrit IHS : « Jésus Sauveur des hommes ».
Située en plein cœur du Clos Poulet, le manoir est bâti dans une petite vallée près d’un ruisseau qui se dirige vers la grève de l’anse du Guesclin. A l’origine, ce manoir se protégeait des ennemis par des murs d’enceinte, clos par deux grandes portes dont une avec un portail cintré, et un portillon. Il y avait une chapelle et un colombier. Le champ, au sud devant la maison, s’appelle toujours le jardin du Colombier.
Cette bâtisse présente un plan simple en quadrilatère. Ce manoir antérieur aux malouinières préfigure déjà le style caractéristique de leur toiture, soit une pente aigüe aux retombées triangulaires sur les pignons et deux grandes cheminées. On appelle ce type de couverture « toit à croupe ».
Le manoir possédait des épis faîtiers et un clocheton central qui ont été supprimés lors d’anciens travaux de restauration. La demeure a en revanche conservé de jolies lucarnes en chien assis. Leur fronton semi-circulaire est orné de trois pommes de pin.
Tout laisse à penser que le manoir du Biot-Bois a été la propriété de religieux. Ce pourrait être l’Abbé Trublet de La Flourie (1697-1770), membre de l’Académie française et de l’Académie de Berlin.
De 1755 à 1792, ce manoir a appartenu à la famille Le Court de Billot.
Propriétaire depuis 1845, Victor Boussinot de Phomphily, Président du Tribunal Civil de Saint-Malo en fit don en 1882 à l’Hôtel-Dieu de Saint-Malo qui l’afferma. Le manoir a été exploité pendant plus de cent ans par la famille Gaudin qui en est devenue propriétaire en 1970.
Vous êtes à moins de 5 mn de la malouinière de La Motte-Jean et du Plessis-Bertrand.
20 VESTIGES DU PLESSIS BERTRAND
En 1026, Bertrand, premier du nom et un des aïeux de Bertrand du Guesclin, acheta la seigneurie de Saint-Coulomb. Cette famille, appelée aussi Guarplic ou Guasplic ou Gue-Asquin, possédait de riches domaines à Château Richeux en Saint-Méloir et ce serait, dit-on, un sieur Bertrand du Gué-Asquin qui bâtit le Plessis- Bertrand dès le XIIIème siècle.
En 1500, le château appartenait à Guillaume de Chateaubriand qui possédait aussi la terre de Beaufort. En 1589, dame Charlotte de Montgommery, douairière de Beaufort, vendit à Gui de Rieux, seigneur de Châteauneuf, la terre du Plessis-Bertrand, avec toutes ses dépendances et l’emplacement du château du Guesclin qui venait d’être démoli sur ordre du roi Henri III.
En 1592, les Ligueurs y avaient garnison et inquiétaient fort les Malouins, redevenus fidèles à Henri IV. Sur leur demande, La Tremblaye, chef royaliste, l’attaqua et y fut tué.
Peu après, les Malouins s’emparèrent du Plessis-Bertrand et le démantelèrent. En 1598, le roi ordonna que le Plessis-Bertrand fût entièrement mis hors de défense. Il continua cependant à rester une terre de juridiction importante.
En 1681, les Rieu cédèrent le Plessis-Bertrand à Henri de Beringhen. La terre du Plessis-Bertrand fut érigée en comté en juin 1702, en faveur de Jacques-Louis de Berighen. Son fils, Jacques, vendit la seigneurie en 1740 aux Magon de La Lande. En 1793, Erasme Magon périt sur l’échafaud. Sa veuve récupéra le domaine mais, à sa mort, celui-ci passa à Mr Le Fer de La Gervinais puis, de 1832 à 1933, à la famille de Ferron.
Le domaine passe ensuite à Robert Le Masson. Son fils Jacques et ses enfants entreprirent de remettre les ruines en valeur. Les travaux ont permis de dégager des ruines imposantes, entourées de vastes douves. Une salle souterraine a été découverte. Est-ce de cette salle que serait parti le souterrain qui, d’après la tradition, passait sous la sacristie de l’église et aboutissait à l’Anse Margot ?
Vous êtes à moins de 5 mn de trois malouinières : Biot-Bois, La Motte Jean, la Ville Bague.
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