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La Route du Rhum - Destination Guadeloupe

Sidney Gavignet - Café Joyeux - Catégorie Rhum mono

La Course continue ...

Sidney Gavignet s’impose à Pointe à Pitre, catégorie Rhum Mono

Sidney Gavignet en a terminé aujourd’hui mardi, à 23 heures 18 minutes et 5 secondes, (heure Paris), avec sa Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Il a surtout, en 16 jours, 11* heures, 18 minutes et 05 secondes, avec cette formidable victoire dans la catégorie Rhum Mono, refermé, pour de bon, les premiers longs et passionnants chapitres d’une vie entièrement consacrée au sport de voile de haut niveau, de l’Olympisme à la course au large. Cette dernière grande transatlantique entre Saint-Malo et Pointe à Pitre est l’épilogue d’années de quête de l’excellence vélique, pratiquée sur tous les supports. Sidney ne naviguera plus en course et ce clin d’oeil du destin lors de ce dernier voyage demeure le plus beau des passages d’une vie de marin à une autre existence, encore à construire, tournée vers les autres, et basée sur les valeurs et les convictions amassées dans l’exigence de la pratique de la voile hauturière. La Guadeloupe a donc salué ce soir plus qu’un marin, plus qu’un vainqueur, mais un homme nouveau prêt à appareiller avec envie et enthousiasme pour tout ce que la vie terrienne a encore à lui offrir.

Sidney a fait un grand voyage. Plus que ces 4 736 milles parcourus sur le fond (à 12,01 noeuds de moyenne), il s’est donné, en 16 jours, la possibilité d’introspecter une dernière fois ce que la vie, la voile lui ont donné depuis près de 3 décennies dédiées exclusivement à naviguer le plus vite possible sur tous les plans d’eau du monde. Yann Bucaille, ami de longue date, lui a offert, avec ce Café Joyeux, nouveau concept de café administré par des personnes en situation de handicap cognitif, non pas une rédemption, mais un tremplin vers une nouvelle énergie de vie. Cette Route du Rhum aura été comme l’exutoire de tout ce qui pouvait demeurer d’ancien chez Sidney. Mille après mille, il a une dernière fois répété ses gammes, jaugé ses compétences, évalué ses manques, et travaillé ses lacunes, techniques mais surtout humaines. La victoire, il la dédie bien sûr à toutes les femmes et hommes de Café Joyeux, projet ouvert sur le monde, sur l’autre, sur une attitude que les exigences du haut niveau ne lui ont que trop peu permis de pratiquer.
Cette Route du Rhum est donc une forme de couronnement pour celui qui va quitter ce milieu. Il se devait, à lui-même et à la cause qu’il défend, de montrer le meilleur de lui-même. En tête quasiment de bout en bout, depuis le spectaculaire départ Malouin du 4 novembre dernier, il n’a pas reculé devant les grosses difficultés de la course, et est résolument parti à l’encontre des fronts dépressionnaires, quitte à faire radicalement le dos rond durant de longues heures, avant de déboucher derrière la dépression en position idéale pour envoyer ses grandes voiles d’avant, et entamer ce long et étrange ballet sur les houles alizéennes, en quête permanente d’équilibre sous spi ou grand gennaker. Il se dotait surtout d’un important décalage latéral Est Ouest, qu’il n’allait cesser de faire fructifier au fil des jours, portant son avantage à plus de 230 milles sur le 60 pieds de Sébastien Destremau, concurrent sérieux à la victoire finale.

Jamais seul au monde, en connexion avec Café Joyeux, et ses rêves de demain, il pouvait jouir intensément du meilleur de ce sport de voile tant et si longtemps aimé. Alors Sidney, dorénavant, ce ne sera plus « Bon vent », mais « belle vie ».

Arrivée mardi 20 novembre à 19 heures, 18 minutes et 5 secondes, heure Guadeloupe

Temps de course : 16 jours, 11* heures, 18 minutes et  5 secondes
3 452 milles à 8,98 noeuds de moyenne
4 736 milles sur le fond, à 12, 01 noeuds de moyenne
* une heure de pénalité a été appliquée suite à la rupture d'un plomb

©alexiscourcoux

Yoann Richomme (Veedol-AIC), vainqueur en Class40

  • Yoann Richomme est le grand vainqueur de la course dans la catégorie la plus disputée : la  Class40.
  • Première participation et première victoire.
  • Le skipper de Veedol-AIC a pris la tête le lendemain du départ pour ne jamais la lâcher.

Pour sa première participation à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, Yoann Richomme, 35 ans, signe une victoire magistrale. Premier Class40 à Pointe-à-Pitre, le skipper de Veedol-AIC a coupé la ligne à 17 heures 22, heure française, après 16 jours, 03 heures, 22 minutes et 44 secondes d’une transat qu’il aura menée de bout en bout.

Du grand art ! Considéré comme l’un des favoris de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, Yoann Richomme aura parfaitement assumé ce statut, lui qui confiait avant de s’élancer de Saint-Malo le 4 novembre : « Je ne peux le cacher : j’ai monté ce projet pour gagner ». Entre le dire et le faire, il y quand même une sacrée marge, en l’occurrence 3 542 milles d’une transat qui, en cette édition du quarantenaire, aura été particulièrement sélective, proposant du gros temps et de l’alizé musclé.

Des conditions taillées pour les gros bras et notamment pour Yoann Richomme qui, après avoir passé le cap Fréhel en 8e position, laissant à Antoine Carpentier les honneurs de quitter la baie de Saint-Malo en tête, a pris les commandes de la flotte après un peu plus de 24 heures grâce à une option Ouest qui lui a permis d’être le premier à toucher une rotation de Nord-Ouest avant d’attaquer un premier front qui sera fatal à certains de ses concurrents (Louis Duc et Nicolas Troussel). « Il y avait 35 nœuds établis, rafales à 45, j’étais en mode dégressif, deux ris-trinquette, ça tapait beaucoup avec une mer croisée dans tous les sens, c’était un vrai champ de mines, on avait toujours l’impression de casser le bateau », racontera-t-il à la sortie de ce premier front. Et s’il n’est pas épargné par des bleus un peu partout et des pépins techniques comme les autres, il en ressort solidement en tête, son choix de départ lui permettant, au moment d’attaquer un long bord tribord cap au Sud de croiser devant Phil Sharp, Aymeric Chappellier et Luke Berry.

Dès lors, dans des conditions de reaching idéales pour exploiter la puissance de son plan Lombard, le skipper de Veedol-AIC ne va cesser de creuser l’écart sur ses rivaux, attaquant l’autoroute des alizés avec un matelas de 100 milles d’avance sur le duo Sharp-Chappellier qui, jamais, n’aura entrevu un mince espoir de revenir sur les talons du leader. Passé à la Tête à l’Anglais mardi à 1h45 (heure locale), Yoann Richomme aura bouclé le tour de la Guadeloupe en un peu plus de 10 heures, coupant la ligne d’arrivée à 17 heures 22 minutes heure française, après 16 jours 03 heures 22 minutes et 44 secondes de mer, à la vitesse moyenne théorique sur l’orthodromie de 9,14 nœuds (11,12 nœuds de vitesse réelle, 4 309 milles parcourus). Il s’octroie chemin faisant, le nouveau temps référence de l’épreuve, détrônant le tenant du titre, l’espagnol  Alex Pella de plus de  14 heures.

Une victoire aussi magistrale qu’incontestable, deux ans après celle remportée sur la Solitaire du Figaro 2016, pour ce marin, passé par la filière Skipper Macif en Figaro - comme Paul Meilhat vainqueur de cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe en IMOCA et François Gabart, deuxième en ULTIME – qui compte également à son palmarès une deuxième place avec Damien Seguin en Class40 sur la Transat Jacques-Vabre 2011 et avec Fabien Delahaye sur la Transat AG2R La Mondiale 2014. Ce succès récompense le talent mais aussi l’audace, puisque, avant même de trouver des partenaires, Yoann Richomme avait lancé en fin d’année dernière la construction de son Lift chez Gepeto Composite, une évolution de celui de Louis Duc, que cet ingénieur naval de formation féru de technique, passé par la Southampton Solent University, aura su personnaliser.

Avec à la clé, déjà, une victoire sur la Drheam Cup-Destination Cotentin seulement un mois après la mise à l’eau, suivie… d’un démâtage qui n’aura finalement pas entravé la dynamique positive de son projet commando. « C’était intense, dur, s’il y a la récompense ultime à l’arrivée, ce sera absolument génial et un succès pour tous ceux qui m’ont entouré toute cette année dans le montage de ce projet. Ça implique quand même beaucoup de personnes qui se sont battues pour moi, j’ai envie de leur offrir ça, donc je suis impatient que tout se passe bien et que ce soit le dénouement attendu », expliquait à 48 heures de l’arrivée un Yoann Richomme qui, à 35 ans, est le plus jeune vainqueur, toutes classes confondues, de cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe. La suite ? L’intéressé, qui a déjà tâté de l’IMOCA (Transat Jacques-Vabre 2017 avec Pierre Lacaze), rêve de Vendée Globe, nul doute que sa performance majuscule entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre aura tapé dans l’œil de partenaires potentiels. 

Temps de course : 16 jours 3 heures 22 minutes 44 secondes
Vitesse sur la route directe (orthodromie) : 9,14 noeuds
Distance et moyenne réélle : 4 309 milles à 11,12 noeuds

Yoann RICHOMME (Fra) - 35 ans - Vit à Larmor-Plage (Morbihan) 

Palmarès 
2016 : Vainqueur de la Solitaire du Figaro 
2016 et 2013 : Vice-champion de France Elite de Course au Large en Solitaire 
2014 : 2e de la Transat AG2R La Mondiale avec Fabien Delahaye
2011 : 2e de la Transat Jacques Vabre avec Damien Seguin en Class40

©Pierre Antoine

Pierre Antoine sur Olmix remporte la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en catégorie Rhum Multi

  • Pierre Antoine l’emporte en catégorie Rhum Multi au terme d’une magnifique course.
  • Il établit un temps de référence dans sa catégorie.
  • Sa course fût également marquée par le sauvetage acrobatique de Lalou Roucayrol.

Le skipper Amiénois Pierre Antoine a signé aujourd’hui sa deuxième victoire dans la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, après son succès de 2006 en Class3, remporté sur le petit trimaran de 12,18 m Friends&Lovers (Aujourd’hui aux mains de François Corre. ndlr). Il apporte du même coup sa troisième étoile à son trimaran Rhum Multi de 50 pieds Olmix, vainqueur lui en 1998 et en 2002 en Multi50 sous la houlette de Franck-Yves Escoffier.

En 15 jours, 21  heures, 15 minutes et 5 secondes (avant jury) , à la vitesse moyenne  de 9,29 noeuds sur la distance théorique de 3 542 milles, il améliore de près de plus d’une journée le temps établi par Franck-Yves lors de sa victoire d’il y a 16 ans. Au-delà des chiffres et des statistiques, Pierre a surtout impressionné tout au long de sa belle aventure longue de 4 473 milles, par une maîtrise et un sang-froid de tous les instants. Cette victoire est celle d’une harmonie, d’une symbiose réussie entre un homme et son bateau. Si tous les marins sont en quête de cette alchimie, peu l’atteigne, et Pierre, fort de déjà 6 ans d’expérience à bord de cet étonnant plan Browns et Gaudry de 1991, a navigué en mesure, dans le rythme, à l’instinct entre force des éléments et le potentiel d’un bateau en bois et époxy qu’il connait sur le bout des doigts.

Géologue de formation, ce natif de Douai signe peut-être le chef-d’oeuvre d’une carrière de skipper amateur longue de 30 ans. En tête au terme des premières 24 heures de course, il construit son succès dès la difficile négociation du premier front très virulent dans le golfe de Gascogne. Solidement épaulé depuis la terre par son routeur Dominique Vittet, il enchaine deux virements de bord d’école, déclenchés au passage du front au large du cap Finisterre pour se dégager de la flotte loin dans l’ouest, et descendre sur une trajectoire parfaitement optimisée en bordure de l’anticyclone des Açores. Premier à toucher l’alizé, et alors que nombre de ses principaux adversaires jettent l’éponge, à l’image de Fabrice Payen, Charlie Capelle ou Gilles Buekenhout, Pierre va, avec une belle régularité, augmenter son avance dans l’alizé sur ses plus dangereux protagonistes, Jean-François Lilti et Etienne Hochedé. « J’ai toujours eu du vent » admet-il avec humilité, « au-dessus de 20 nœuds, là où Olmix est vraiment performant ! »

Mais la Route du Rhum-Destination Guadeloupe demeure, particulièrement en catégorie Rhum Multi, la grande aventure rêvée depuis 1978, et l’imprévu est toujours au détour du prochain train de vagues. Pour Pierre Antoine, elle va prendre la forme d’un appel au secours de son camarade Lalou Roucayrol, dont le Multi50 Arkema vient de chavirer quelques 260 milles dans son Ouest. Pierre va mettre sa course entre parenthèses pour se porter sur le lieu du naufrage, et récupérer, d’acrobatique manière, le skipper Aquitain en difficulté. Les deux jours suivants, Pierre le solitaire comptera avec la présence amicale de Lalou, qu’il transbordera en haute mer vers le remorqueur venu de Martinique à la recherche d’Arkema.

Mais rien ne pourra décidément entraver la longue glissade d’Olmix dans l’alizé vers la Guadeloupe. Attentif aux crocs en jambe d’un vent imprévisible sous les grains, particulièrement de nuit, Pierre reprend vite ce rythme de vie si totalement lié aux contraintes du bateau. Il négocie de nuit le contournement de la Guadeloupe, sans jamais s’arrêter, et vient signer le plus éclectique des paris sportifs de cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe, vainqueur de sa classe Rhum Multi, devançant le premier Rhum Mono, (Sidney Gavignet attendu en soirée), et damant le pion aux ultra véloces Class40, ainsi qu’à un certain nombre de monocoques de la Class IMOCA (7).

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1er Rhum Multi Olmix - Pierre Antoine : Arrivée mardi 20 novembre à 11 heures 15 Françaises.

Temps de course : 15 jours, 21 heures, 15 minutes et 5 secondes, 9,29 noeuds de vitesse moyenne. (avant Jury) *

4 473 milles parcourus sur le fond à 11,73 nœuds de moyenne.

(*) Pierre Antoine devrait être notifié par le jury d’une compensation de temps pour le sauvetage de Lalou Roucayrol et son transbordement à bord du remorqueur

 

©AlexisCourcoux

Paul Meilhat, vainqueur en IMOCA : « Cette victoire a le goût de l’épuisement »

Paul Meilhat a franchi la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre ce vendredi à 20 h 23 ' 18 s (heure de Guadeloupe) après 12 jours, 11 heures, 23 minutes et 18 secondes de course, à 11,83 nœuds de moyenne (sur l’orthodromie). Au total, il a parcouru 4451 milles à la moyenne de 14,87 nœuds (sur l’eau).
Compte tenu de la pénalité de 24 heures infligée par le jury international à Alex Thomson (Hugo Boss) pour avoir démarré son moteur cette nuit suite à son échouement, c’est bien Paul Meilhat qui remporte cette 11ème Route du Rhum-Destination Guadeloupe chez les IMOCA. 

Les premiers mots de Paul Meilhat à son arrivée sur le ponton alors que Yann Eliès est attendu vers 23heures (heure de Guadeloupe). 
«  Cette victoire a le goût de l’épuisement. On a tous vachement donné surtout les cinq derniers jours. C’est aussi le goût de quatre années à bosser comme un dingue sur ce bateau avec l’équipe. Il y a une espèce de communion avec ce bateau. C’est la première grande course en solo que je remporte. Cela récompense toutes ces années de travail et c’est ce que je retiens, ça paye et ça, c’est top ! Là, c’est l’émotion qui prédomine pour l’instant. Je ne réalise pas encore mais les gens sont heureux et je suis heureux de les voir après 12 jours de mer. »

A propos de sa course
« Je n’ai pas pris la course comme une dernière avec mon partenaire. Je me sentais capable de faire une belle course. Je voulais en profiter. J’ai essayé de faire ça à ma sauce, de ne pas chercher à contrôler. J’ai essayé de prendre les bons shifts, de prendre les grains en essayant de perdre le moins de terrain possible. J’ai fait du gagne petit comme en Figaro. C’est épuisant mais hyper sympa. Au final, je n’ai pas fait de grosses erreurs. C’est la fin d’un cycle où j’ai beaucoup appris sur le bateau, sur moi, sur la météo. Je me sentais bien sur cette course. Mais ces bateaux sont compliqués. Quand on commence, on ne peut pas trop pousser le curseur. Mais plus on apprend, plus on a des automatismes, plus on peut se mettre dans le rouge, dans le manque de sommeil, dans le risque ».

La pression de la victoire
« Les derniers milles,  entre jouer le podium et gagner, la pression est montée. Au début de l’approche du tour de l’île, je me suis dit :’ faut se calmer’. Je suis tombé dans le dévent de la Soufrière, mais Yann aussi. En fait, je crois que celui qui a inventé la Route du Rhum est dingue d’avoir mis le tour de la Guadeloupe à la fin ! »

©Yvan Zedda #RDR2018

Armel Tripon (Réauté Chocolat) vainqueur en Multi50 !

Troisième toutes catégories à Pointe-à-Pitre, Armel Tripon termine premier de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Multi50. Le Nantais a franchi la ligne d’arrivée ce jeudi à 16h32'40 (heure de Guadeloupe) après 11 jours, 7 heures, 32 minutes et 40 secondes de course, à 13,04 nœuds de moyenne. Avec sa route Sud, celle de la sagesse et de la préservation du matériel, il a en réalité parcouru 4563 milles. Un long détour comparé aux 3542 milles du parcours théorique, mais un pari gagnant pour le skipper de Réauté Chocolat. Armel Tripon arrive à Pointe-à-Pitre 3 jours 17 heures, 10 minutes et 53 secondes après Francis Joyon, vainqueur en ULTIME arrivé dans la nuit du 11 au 12 novembre.
C’est la deuxième victoire d’Armel sur une grande course transatlantique en solitaire (après la Mini-Transat en 2003), deux ans seulement après avoir débuté le Multi50. Une superbe récompense pour ce marin de 43 ans passé par le Mini, le Figaro Bénéteau, le Class40 et l’IMOCA. Une série qu’il retrouvera bientôt puisqu’il est candidat au prochain Vendée Globe, se faisant actuellement construire un 60 pieds Imoca sur plan Manuard.

Les mots d’Armel Tripon à son arrivée en Guadeloupe :

« Une arrivée magique avec 20 nœuds de vent au coucher du soleil. Là, je suis porté par l’émotion, par l’excitation de cette arrivée après une course qui a été éprouvante pour les nerfs sur ces bateaux tellement exigeants. Il y a du stress en permanence, ça use. Là, je suis cramé, cuit, mais tellement heureux, heureux de retrouver cette équipe. Car la voile en solitaire est un sport d’équipe aussi, il ne faut pas l’oublier. J’ai eu des frayeurs bien sûr. Il y a 24 heures avec une nuit à grains. Et encore cette nuit aussi, où t’as peur de tout casser avant d’arriver. Des coups de chaud, j’en ai eu bien sûr, je me souviens d’une nuit où le bateau est monté, monté, et je n’arrivais pas choquer et, pour cause, le bloqueur était fermé, je n’avais pas vu. Sinon, les moments clefs sur la course. Et bien, dans les conditions du début, j’ai réussi à me faufiler, à trouver une petite porte pour passer le front un peu plus facilement que les autres. C’est ma deuxième victoire de transat en 15 ans après celle de la Mini Transat (2013) mais celle-ci, c’est celle de la maturité, celle d’un projet monté avec une super équipe. Avec Réauté Chocolat, on s’était donné deux ans pour la Route du Rhum, et on atteint l’objectif, c’est fabuleux. Maintenant, il va falloir partager et fêter ça. »

Francis Joyon - IDEC - Vainqueur de la Route du Rhum 2018

Francis Joyon (IDEC Sport) entre dans la légende du Rhum au terme d’un final d’anthologie

  • Un final haletant pour les 40 ans de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe
  • Une victoire acquise par Francis Joyon à seulement 13 milles de la ligne
  • Nouveau temps de référence sur les  3 542 milles entre Saint-Malo et Pointe à Pitre

Incroyable ! Complètement dingue ! Après 6 jours de course poursuite derrière François Gabart, tout s’est finalement joué au terme d’un tour de la Guadeloupe totalement fou, dans les dévents et la pétole.

A la marque de Basse Terre, avec 17 minutes d’avance, on pense que MACIF a course gagnée. Il reste encore 30 milles à faire dans des vents évanescents. 30 milles de suspense total et de rebondissements.

Entre le Sud de l’île et la ligne d’arrivée, Francis Joyon, décalé à terre, parvient à prendre l’ascendant dans une risée. Bien que ralenti par un filet de pêche pris dans un de ses safrans, le skipper d’IDEC Sport conserve l’avantage. A deux milles de la ligne, le vent tombe à nouveau. MACIF, légèrement plus rapide, revient au contact et les deux adversaires se retrouvent bientôt bord à bord, à 3 nœuds de vitesse. Il faut encore caler un virement de bord très délicat. Francis ne tremble pas dans la manœuvre et parvient à s’imposer ce dimanche 11 novembre à 23 h 21 mn 47 secondes (heure locale) avec seulement 7 minutes 08 secondes d’avance sur le trimaran bleu. Un écart qui fait entrer dans la légende cette 11e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe et son vainqueur Francis Joyon.

Le skipper d’IDEC Sport a mis 7 jours 14 heures 21 minutes et 47 secondes pour boucler le parcours de 3542 milles à la vitesse moyenne de 19,42 nœuds. Il établit ainsi un nouveau temps de référence sur le parcours en battant de 46 minutes 45 secondes le chrono réalisé en 2014 par Loïck Peyron.  A 62 ans, le détenteur du Trophée Jules Verne a mené une course exceptionnelle à la force des bras et du mental. Jusqu’au bout, il aura tout donné pour tenter de ravir la victoire à son jeune concurrent.  Avec succès ! Après sept tentatives, il remporte la toute première Route du Rhum-Destination Guadeloupe de sa carrière. Brillant !

 

Les 40 ans de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe

En 1978, Michel Etévenon créait la plus mythique des course transatlantiques en solitaire, au départ de Saint-Malo, cap sur Pointe-à- Pitre en Guadeloupe. Le 4 novembre 2018, sur un tracé inchangé depuis ses origines, ils étaient très nombreux à s'élancer pour le 40 ème anniversaire de La Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Une onzième édition qui s'annonce comme celle de la maturité tout en préservant les valeurs qui ont fait sa légende et qui devrait réunir un plateau sportif exceptionnel, réparti entre six classes de bateaux. Portée par la Région Guadeloupe, qui confirme son engagement en tant que partenaire majeur exclusif, le Rhum est prêt à distiller une nouvelle dose de magie…

Une ligne, une heure et un jour de départ unique, le 4 novembre 2018, le monde de la course au large aura rendez-vous avec un chapitre fort de son Histoire. Organisé par OC Sport Pen Duick, filiale du Groupe Télégramme, depuis 2004, La Route du Rhum-Destination Guadeloupe fêtera ses 40 ans à l'occasion de sa prochaine édition. Tous les quatre ans, la Reine des transatlantiques en solitaire fait naître, à terre comme en mer, une passion absolue. Avec 91 concurrents en lice, plus de 2 millions de visiteurs et une victoire époustouflante de Loïck Peyron toutes catégories confondues, la 10ème édition avait, en 2014, marqué les esprits.
2018 ne dérogera certainement pas à la règle, fidèle à la légende du Rhum.

 

Revivez le départ !